6 questions à se poser preflop avant de jouer

L’un des moments clés au poker est le jeu preflop. C’est le moment ou vous allez sélectionner votre main de départ. Vous allez décider si vous vous engagez ou non dans la main. Voici 6 questions à se poser preflop.

Posez-vous les bonnes questions preflop

infographie preflop poker

1. Quelle est ma position à la table ?

Comme le dit le dicton : “Position is power”. Votre position à la table est le facteur numéro un qui devrait influencer votre décision preflop.

  • En début de parole (UTG, UTG+1) : Vous devez être très sélectif. Vous aurez toute la table à parler après vous preflop, et vous serez souvent hors de position postflop. Jouez des mains fortes uniquement.
  • En fin de parole (Cut-off, Bouton) : C’est là que vous gagnez de l’argent. Vous pouvez élargir votre éventail de mains, voler les blindes et profiter de l’avantage d’information postflop, car vous verrez vos adversaires agir avant vous.

La question à se poser :

Suis-je en position de force pour contrôler le coup postflop, ou vais-je devoir subir le jeu ?

2. Quelle est la taille de mon stack (et celui de mes adversaires) ?

La profondeur des tapis change radicalement la valeur des mains. On ne joue pas de la même manière avec 20 big blinds (BB) qu’avec 100 BB.

  • Avec un petit stack (moins de 30 BB) : Vous cherchez des mains pour faire tapis ou doubler. Les petites paires et les connecteurs assortis perdent de la valeur car vous n’avez pas la profondeur pour rentabiliser un brelan ou une suite.
  • Avec un gros stack (plus de 100 BB) : Vous pouvez vous permettre de jouer des mains spéculatives (connecteurs assortis, petites paires) car la “cote implicite” est énorme : si vous touchez votre jeu monstre, vous pouvez prendre un tapis entier à un adversaire.

La question à se poser :

“Mon stack me permet-il de jouer cette main de manière rentable, et ai-je assez de profondeur pour manœuvrer postflop ou suis-je en mode ‘survie’ ?”

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3. Quelle est l’action avant moi ?

C’est une question fondamentale que vous n’aviez pas explicitement listée.

  • Le pot a-t-il été ouvert (relancé) ? Si oui, par qui et de combien ? Votre main doit être bien plus forte pour payer une relance (ou sur-relancer) que pour simplement ouvrir le pot vous-même.
  • Y a-t-il eu des limpers (joueurs qui ont juste payé la blinde) ? Cela peut être une opportunité de relancer pour “punir” cet argent mort et prendre le contrôle du coup, ou de limper derrière avec une main à fort potentiel.

La question à se poser :

“La force de ma main justifie-t-elle de rentrer dans un pot qui a déjà été relancé, ou est-ce que je surestime mes cartes ?”

4. Quelle est mon image à la table ? (Et celle de mes adversaires)

Le poker est un jeu d’information incomplète où la perception est réalité.

  • Votre image : Si vous n’avez pas joué une main depuis une heure (image “serrée”), votre relance sera très respectée. Profitez-en pour bluffer ou rentabiliser vos monstres. Si vous jouez toutes les mains (image “large” ou “agressive”), attendez-vous à être payé ou relancé plus souvent.
  • L’image des adversaires : Ce joueur qui relance UTG est-il un roc qui ne joue que les As et les Rois, ou un maniaque qui relance avec tout et n’importe quoi ? Adaptez votre range en conséquence.

La question à se poser :

“Comment mes adversaires me perçoivent-ils en ce moment, et comment puis-je exploiter cette perception (et la leur) à mon avantage ?”

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5. Ma main est-elle facilement dominée ?

C’est l’un des pièges les plus coûteux pour les débutants. Des mains comme As-Valet, Roi-Dame ou Dame-Valet (surtout dépareillés) semblent jolies, mais elles sont souvent des “mains à problèmes” face à une relance.

Si vous payez une relance avec A-J et que le flop est A-8-3, vous êtes content… mais si votre adversaire mise gros, vous êtes dans le flou. A-t-il A-Q, A-K ou A-A ? Vous êtes souvent dominé, c’est-à-dire que vous avez une main qui perdra beaucoup d’argent contre la range de votre adversaire et en gagnera peu.

La question à se poser :

“Si je touche mon top pair au flop, serai-je à l’aise pour jouer un gros pot, ou ma main risque-t-elle d’être dominée par un meilleur kicker ?”

6. Quel est mon plan pour le reste du coup ?

Ne jouez jamais une main preflop sans avoir une idée de ce que vous ferez ensuite. C’est la différence entre un joueur amateur et un joueur réfléchi.

  • “Je relance avec cette main pour voler les blindes, mais si je suis payé, je vais faire un continuation bet sur la plupart des flops.”
  • “Je paie avec cette petite paire uniquement pour toucher un brelan. Si je ne touche pas au flop, je me couche sur n’importe quelle mise.”

La question à se poser :

“Pourquoi est-ce que je joue cette main ? Quel est mon objectif (voler, tendre un piège, valoriser) et comment vais-je réagir si je suis payé ou relancé ?”

Maîtrisez le jeu preflop et dominez les tables

Poser ces 6 questions avant chaque décision preflop deviendra vite un automatisme. C’est cette rigueur mentale qui sépare les joueurs gagnants des autres. Ne jouez plus vos cartes au hasard : analysez la situation, évaluez les risques et prenez le contrôle de la table dès le départ. Bonne chance aux tables !